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La tombe de la divine adoratrice Karomama (XXIIe dynastie) retrouvée dans le Temple de Touy au Ramesseum

publié le , mis à jour le

La tombe de la divine adoratrice Karomama (XXIIe dynastie) retrouvée dans le Temple de Touy au Ramesseum

Lors de son passage à Louxor, Karl Richard Lepsius avait fait l’acquisition chez un antiquaire de deux vases canopes et de neuf oushebtis au nom de la divine adoratrice Karomama (XXIIe dynastie), dont on lui avait dit qu’ils avaient été trouvés dans un puits, au Ramesseum (1). Un demi-siècle plus tard, dans sa publication des fouilles du Ramesseum, Quibell reproduit un oushebti au nom de la même divine adoratrice (2). Il ne précise pas l’endroit où il l’a trouvé, mais cet objet est néanmoins suffisant pour confirmer que la tombe de Karomama devait bien se trouver quelque part dans le temple.

La Mission Archéologique Française de Thèbes-Ouest (MAFTO/CNRS-UMR 8220/LAMS) et le Centre d’Étude et de Documentation sur l’Ancienne Égypte (CEDAE/CSA) sont désormais en mesure d’annoncer que la tombe de Karomama a été identifiée durant la campagne de fouilles 2014 (XXVIe campagne). Elle se situe dans le sanctuaire nord du Temple de Touy. La fouille de ce temple, qui se déroule en coopération avec l’Institut d’Égyptologie de l’Université de Leipzig, est dirigée par Benoît Lurson. Elle bénéficie d’un financement de la Fondation Gerda Henkel.

La tombe comprend un puits d’environ 5 mètres de profondeur, au fond duquel s’ouvre la chambre. Les vestiges encore in situ d’un important dépôt d’offrandes et de céramiques ont été retrouvés dans le puits. La partie inférieure du blocage de l’entrée de la chambre funéraire, en pierres appareillées, était toujours en place (fig. 1 et 1bis). Une trentaine d’oushebtis fragmentaires au nom de la divine adoratrice ont été trouvés à l’entrée de la chambre, qui permettent d’attribuer la tombe à Karomama (fig. 2). Au terme de la campagne, seule l’entrée de la chambre a été dégagée.

Malgré le statut quasi royal de Karomama, la divine adoratrice reste mal connue. Les seuls documents à son nom se limitaient jusqu’ici à une quinzaine d’oushebtis, les deux vases canopes, une statuette de Maât provenant de Karnak, une statue usurpée trouvée par Lepsius au Ramesseum (Berlin ÄMP 2278) et, surtout, la très belle statue en bronze damasquiné conservée au Musée du Louvre (3). Aussi la découverte n’est-elle pas seulement d’un grand intérêt pour l’histoire du Ramesseum et, en particulier, de la nécropole de la Troisième Période Intermédiaire qui s’y est installée. Elle pourrait aussi permettre de mieux connaître cette période de l’histoire de l’ancienne Égypte.

(1 ) LD III, pl. 256, b-c et f ; LD III Text, pp. 136-137.

(2) J. E. Quibell, The Ramesseum (ERA II), 1896, pl. II, 11.

(3) Voir K. Jansen-Winkeln, Inschriften der Spätzeit. Teil II : Die 22.-24. Dynastie, 2007, pp. 226-228.

Figure 1.

Figure 1bis.

Figure 2.