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Walter Philippe - CV en français

publié le , mis à jour le

PHILIPPE WALTER

Né le 9 mai 1967 à Saint-Cloud

Email : philippe.walter at upmc.fr

Actuellement, Directeur du Laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale (UMR 8220 CNRS-UPMC), Université Pierre et Marie Curie, Site Le Raphael, 3, rue Galilée, 94200 Ivry

Parcours professionnel

2007 - Directeur de recherche au C.N.R.S.

2005 - Professeur associé à l’Université de Liège, Belgique

1995 - Chargé de recherche au C.N.R.S., département des sciences chimiques, affecté à l’UMR 171 – laboratoire de recherche des musées de France

Administration de la recherche

2012- Directeur du Laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale, LAMS, UMR 8220 CNRS-UPMC

2012- Directeur de la Fédération de recherche New AGLAE, FR 3506, CNRS-Ministère de la Culture

2008-2011 co-Directeur de l’UMR 171 – Laboratoire du Centre de recherche et de restauration des musées de France (www.umr171-cnrs.fr)

2004-2007 Directeur adjoint du GDR 2762 « Matériaux du Patrimoine et Synchrotron Soleil »

2003-2011 Chef de la filière « AGLAE et chimie analytique » du Centre de recherche et de restauration des musées de France

Formation

2003 Habilitation à diriger des recherches, discipline Chimie à l’Université Paris 6, soutenue devant le jury composé de H. Curien, Président ; A. Tadjedine, CNRS Orsay rapporteur ; P.A. Mando, Univ. Florence, Italie, rapporteur ; E. Crubezy, Univ. Toulouse, rapporteur ; Ph. Boch, Pr. ESPCI, Paris, J .P. Mohen, C2RMF, Paris ; Ch. Amatore, ENS-Paris VI, Paris ; A. Rouveret, Paris X-Nanterre.

1993 Doctorat de l’Université Paul Sabatier, Toulouse III - option Sciences de la Terre. Directeur de thèse : J. Schott, Toulouse, « Etude du comportement du fluor lors des interactions silice-solution aqueuse ; applications archéologiques »

1989 DEA de sciences des matériaux, Université Paris 6.

1989 Magistère Interuniversitaire de Physique de l’Ecole Normale Supérieure de Paris

1986 Admission à l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud-Lyon, option physique

Distinctions

- Prix Franklin-Lavoisier (remis à Philadelphie, USA), 2010

- Prix de la Fondation IxCore pour la recherche, 2009

- Médaille d’argent du CNRS, 2008

- Prix de chimie Grammatikakis-Neuman (Chimie) de l’Académie des Sciences, 2004

- Médaille de bronze du CNRS, 2000

- Prix de la division Chimie physique de la Société française de Chimie, 1994

Encadrement, animation

- Directeur ou co-organisateur d’une dizaine de colloques internationaux en France et à l’étranger, en particulier les écoles “Molecular and Structural archaeology : how did solid-solid transformation occur ? » en 2006 et “Non-invasive analysis of painting materials” en 2010 dans le cadre de l’International School Hubert Curien of molecular and structural archaeology, Erice, Italie.

- Co-fondateur de la Gordon Research Conference « Scientific Methods in Cultural Heritage Research » et Vice-chair de la première manifestation « Non-destructive imaging and micro-analysis in cultural héritage » 29 Juillet – 3 Aout 2012, West Dover, Vermont, USA

- Commissaire de l’exposition « Le bain et le miroir » au Musée de Cluny - Musée national du Moyen Age, Paris, mai-septembre 2009 ; Responsable scientifique de la manifestation muséale franco-égyptienne « parfums d’Egypte », exposition au Musée du Caire et autres manifestations en Egypte et à Paris, avril-octobre 2002.

- Responsable pour la partie française du groupe de travail pour le développement de la recherche interdisciplinaire en archéologie du Comité mixte « Sciences et technologie » France-USA.

- Responsable du projet AGLAE2 de développement du dispositif d’analyse non invasive par particules et rayons X du C2RMF (2007-2010)

- Porteur du New AGLAE, lauréat du premier appel d’offre des équipements d’excellences (janvier 2011 – fin 2019) et responsable de la patrie « Patrimoine » dans le projet Equipex ThomX.

- Responsable des programmes de recherche « Habitudes cosmétiques dans l’Antiquité » CNRS-L’Oréal (1996-2009), « Pharmacie et archéologie » CNRS- Université Paris Sud (2001-2006).

- Responsable du projet ANR Nanocheops : Nanoréacteurs dans les cheveux : études optoélectroniques et application à la sauvegarde des objets à base de kératine (2009-2012) et d’une ACI jeune chercheur « Chimie, santé et beauté dans l’Antiquité » (2002-2004)

- Membre du Review Committe de l’ESRF (2005-2008), du Conseil scientifique de l’Ecole Doctorale « Milieux,Cultures et Sociétés du passé et du présent », Université Paris Ouest-Nanterre (2008-), du Département de Préhistoire du MNHN (2009-), de l’infrastructure européenne d’analyse par faisceaux d’ions SPIRIT (2009-).

Publications et communications

- Auteur d’environ 170 articles dans des revues scientifiques à comité de lecture ou dans des ouvrages et catalogues.

- Sélection d’articles significatifs des activités :

• De Viguerie L, Walter, P., Laval, E., Mottin, B., Solé, V.A. (2010), Revealing the sfumato Technique of Leonardo da Vinci by X-Ray Fluorescence Spectroscopy, Angewandte Chemie International Edition, 49 (35), 6125–6128.

• de Viguerie, L. ; Beck, L. ; Salomon, J. ; Pichon, L. ; Walter, P., (2009) - Composition of Renaissance Paint Layers : Simultaneous Particle Induced X-ray Emission and Backscattering Spectrometry. Analytical Chemistry, 81 (19), 7960-7966

• P. Bleuet, E. Welcomme, E. Dooryhee, J. Susini, J.L. Hodeau, Ph. Walter (2008) - Probing the structure of heterogeneous diluted materials by diffraction tomography. Nature Materials, 7, 468 – 472.

• Marine Cotte, Jean Susini, V. Armando Sole, Yoko Taniguchi, Javier Chillida, Emilie Checroun, Philippe Walter (2008) - Applications of synchrotron-based micro-imaging techniques to the chemical analysis of ancient paintings. Journal of Analytical Atomic Spectrometry, 23, 820–828 (invited paper).

• Vincent Mazel,Pascale Richardin, Delphine Debois, David Touboul, Marine Cotte, Alain Brunelle, Philippe Walter, Olivier Laprevote (2007) - Identification of Ritual Blood in African Artifacts Using TOF−SIMS and Synchrotron Radiation Microspectroscopies, Analytical Chemistry, 79, 9253−9260.

• Ph. Walter, E. Welcomme, Ph. Hallégot, N. J. Zaluzec, C. Deeb, J. Castaing, P. Veyssière, R. Bréniaux, J.L. Lévêque, G. Tsoucaris (2006) – Evidence for early use of nanotechnology from an ancient hair dyeing formula. Nanoletters 6/10, pp. 2215-2219.

• J.C. Dran, J. Salomon, T. Calligaro, Ph. Walter (2004) – Ion beam analysis of art works : 14 years of use in the Louvre. Nucl. Instr. and Meth. in Phys. Res. B 219-220, pp. 7-15.
• Ph. Walter, P. Martinetto, G. Tsoucaris, R. Bréniaux, M.A. Lefebvre, G. Richard, J. Talabot, E. Dooryhée (1999) - Making make-up in Ancient Egypt. Nature, 397, pp. 483-484.

-  Conférencier invité dans une quarantaine de congrès ou colloques internationaux

-  Conférencier invité dans de nombreuses manifestations dans le cadre de l’année internationale de la Chimie, en 2011 : tournées de conférences aux USA et en Chine, interventions dans des lycées ou dans des musées, autres lieux culturels et universités auprès d’un large public.

Résumé des activités de recherche

Les activités et le projet de recherche que je développe correspondent à un travail pluridisciplinaire qui associe l’application et le développement de méthodes d’analyse et de concepts chimiques à une réflexion historique et archéologique concernant tant l’histoire des sociétés que l’histoire de la chimie. Ces aspects transversaux offrent la possibilité d’explorer différents thèmes scientifiques parmi lesquels j’ai choisi d’en approfondir deux :
- la caractérisation de poudres et de matériaux hybrides complexes tels que certains pigments et les glacis de la peinture qui permettent de découvrir les plus anciennes recherches en formulation de pigments, fards, parfums ou médicaments ;
- la compréhension de la conservation à long terme de matériaux complexes en explorant le rôle de leur organisation structurale et supramoléculaire vis à vis des processus de dégradation chimique.

Notons que le premier aspect de caractérisation des poudres, des pigments, des produits cosmétiques et des glacis employés par certains peintres, notamment Léonard de Vinci, est de longue date un axe fondamental de ma recherche. Il s’agit de mettre au point de nouvelles méthodes analytiques dont les critères sont la polyvalence, la résolution spatiale, la rapidité et la non destructivité, un paramètre particulièrement important pour les objets précieux. Les analyses par faisceaux d’ions et par rayonnement synchrotron offrent des possibilités complémentaires de mesures particulièrement intéressantes dans ce cadre. J’ai également conduit le développement d’un microdiffractomètre de laboratoire avec le soutien de la région Ile de France et la réalisation d’appareils portatifs (diffraction X en 2006 et fluorescence X en 1996).

La question des interactions entre les constituants des matériaux anciens à différentes échelles, du moléculaire au mésoscopique, est devenue très importante. Nos travaux sur les cheveux de momies et sur la fabrication durant l’Antiquité d’emplâtres à but médical sont une illustration de cette démarche : l’observation d’acides gras insaturés n’ayant pas subi d’oxydation ou l’étude de la stabilité, voire du renforcement de l’organisation des kératines du cheveu (organisées selon sept niveaux successifs, de l’hélice alpha à la fibre de quelques dizaines de micromètres de diamètre) conduisent à envisager des mécanismes de transformation se basant sur l’état final tel qu’il peut être observé par l’intermédiaire des moyens analytiques les plus performants. L’étude des matériaux anciens apparaît ainsi, au- delà de leur importance historique, comme une source inattendue d’informations sur le vieillissement physico-chimique. Je développe une thématique « supramoléculaire » s’intéressant à des phénomènes de minéralisation de matériaux d’origine biologique et d’interaction entre des phases minérales et des lipides. En associant des expériences de laboratoire à la caractérisation précise d’objets anciens, on acquiert la possibilité exceptionnelle de tester des modèles de mécanisme de vieillissement avec des échelles de temps de l’ordre du millier d’années.

Jusqu’à présent, mes recherches dans le domaine de l’art et de l’archéologie ont été dominées par l’analyse des matériaux et par la mise en œuvre de nouveaux moyens d’analyse, issus du monde de la physique ou de la chimie. Ces travaux ont modifié régulièrement certaines approches historiques en apportant des données matérielles sur la chronologie et la réalisation des œuvres, tout en ouvrant parfois de nouvelles orientations de recherche. Citons notamment :
- la découverte de recettes de préparation de peinture incluant des minéraux de charge, à la fin du Paléolithique supérieur dans les Pyrénées et plus tôt, par exemple à Lascaux, de mélanges complexes de pigments pour obtenir des nuances de couleur (1990) ;
- la découverte d’une technique de synthèse par chimie douce durant l’Egypte ancienne pour obtenir des composés de plomb destinés, d’après les textes anciens, à soigner la peau ou les yeux (1999) ; l’étude à l’aide d’ultra-microélectrodes de l’action de faible quantité de plomb sur des cellules de la peau a ensuite permis de mieux comprendre l’intérêt de ces produits qui peuvent activer du système immunitaire grâce à leur très faible solubilité (2010) ;
- l’emploi de techniques sophistiquées pour teindre les cheveux conduisant à la formation de nanocristaux de PbS durant l’antiquité gréco-romaine. Cette recette de coloration permet d’envisager l’existence de nanoréacteurs qui sont également à l’origine de phénomène d’altération des matériaux à base de kératine constituant les tapisseries par exemple (2006) ;
- la démonstration d’une recherche menée par Léonard de Vinci pour formuler des glacis afin de réaliser des ombres sur les visages de ses tableaux : des couches fines de 1 à 2 micromètres ont été minutieusement appliquées pour atteindre une épaisseur totale ne dépassant pas 30 à 40 micromètres. L’ensemble des données obtenues lève un voile sur la capacité artistique du Maitre à représenter le vivant de manière exceptionnelle mais pose aussi des questions sur la chronologie de ses œuvres (2010).

S’il est ainsi possible de faire en sorte que les progrès les plus récents en méthodologie scientifique soient mis au service de la connaissance et de la préservation du Patrimoine culturel, certains problèmes posés par les objets anciens incitent à développer des méthodologies physico-chimiques originales ou à aborder des questions scientifiques qui n’ont pas encore été posées ou n’ont pas encore trouvé de solutions satisfaisantes. La complexité des problèmes est telle qu’une seule technique analytique n’est plus suffisante, rendant indispensable l’amélioration de méthodologies avancées, l’étude physico-chimique des propriétés de matériaux modèles et la recherche de synergie avec des archéologues et des historiens de l’art au sein d’un domaine interdisciplinaire, une Science des matériaux du Patrimoine.