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publié le , mis à jour le

Depuis 1991, la Mission archéologique française de Thèbes-Ouest, en Égypte, fouille le Ramesseum, le temple érigé à la gloire du pharaon Ramsès II. De ses ruines émerge peu à peu la véritable nature de ce « château de millions d’années » : il s’agissait non seulement d’un mémorial, mais aussi d’un centre économique et socioculturel, relais de l’institution royale dans cette province.

Les travaux d’étude, de relevés et de fouille archéologique au Ramesseum et dans la tombe de Ramsès II nécessiteront plusieurs années encore pour parvenir aux résultats souhaités et attendus. Il s’agira donc de continuer, dans les prochaines années, les vastes enquêtes entreprises sur le terrain en vue de mieux comprendre l’histoire et le fonctionnement du temple. Dans cette perspective, il faudra poursuivre, voire achever dans les quatre ans à venir, l’étude architecturale en cours, et pour être en mesure de respecter ce délai, il conviendra de dégager de nouveaux secteurs de l’édifice dont les élévations ont disparu. Nous pensons notamment au bas-côté nord, dont le travail commencé devra être complété, et au mammisi qui jouxtait la salle hypostyle et à propos duquel une équipe franco-allemande va, dès la mission de 2010, entreprendre la fouille archéologique. Il sera nécessaire également d’achever les relevés iconographiques et épigraphiques des parois, colonnes et piliers. Au stade actuel, il reste encore à documenter une partie de la deuxième cour, la première cour et le premier pylône ainsi que plusieurs éléments architecturaux de la partie couverte de l’édifice. A ce programme, devront s’ajouter le relevé des blocs iconographiés venant du Ramesseum et réutilisés tardivement dans l’enceinte du temple de Medinet Habou, ainsi que celui des blocs de la XVIIIème dynastie, présentés dans les cuisines du Ramesseum et qui appartenaient initialement à un édifice démantelé remontant aux règnes conjoints d’Hatshepsout et de Thoutmosis III. Dans le temple proprement dit, et en vue de mieux percevoir les séquences de son histoire, les chimistes pourront, grâce aux équipements portables, poursuivre leurs analyses des mortiers, enduits, et pigments, afin de tenter d’identifier les interventions réalisées dans ce mémorial au fil du temps, à savoir depuis sa construction jusqu’à la fin de l’époque ramesside, voire postérieurement.

Dans le vaste complexe économico-administratif, les fouilles en cours dans certains quartiers devront être menées à leur terme et d’autres voir le jour, notamment dans des secteurs inexplorés jusque-là. On attend de ces recherches, la découverte de structures attestées par les textes mais non encore identifiées sur le terrain, comme les services administratifs du temple et sa kenbet (tribunal), les officines où devaient être préparées ou stockées des matières précieuses (parfums, cosmétiques, encens), voire encore certains magasins où l’on entreposait des denrées (céréales, miel, viande et poisson séchés, graisses, etc...). Dans cette perspective, devront être également fouillés, étudiés et restaurés le palais royal et ses dépendances privées, dont les vestiges repérés en surface, se trouvent au niveau de la première cour du temple.

Sur les voies processionnelles, les recherches devront continuer en vue de mieux comprendre les circulations périphériques et les liens qu’elles pouvaient avoir avec les liturgies solennelles qui se déployaient sur le temenos ou, d’une manière plus générale, sur la rive gauche de Thèbes (implication notamment de la "Belle Fête de la Vallée" ou des rituels associés au renouvellement royal et au Nouvel An). Les priorités seront données aux voies ouest et sud. Les époques antérieures à la construction du Ramesseum et postérieures à son abandon, seront également traitées afin de progresser dans notre connaissance de l’évolution du site à travers le temps.

Les travaux de restauration, de protection, de conservation et de valorisation devront avancer au même rythme. Dans le temple proprement dit, ils comprendront notamment le remontage partiel du colosse de Touy, mère de Ramsès II (première cour) ; la restructuration du mur périmétral sud jusqu’au niveau de la salle hypostyle, et la cartographie sanitaire des blocs du premier pylône (commencée mais non encore achevée). Cet enregistrement conditionnera les futures interventions qui seront à envisager lors du projet de sauvegarde de cette monumentale entrée du temple, dont l’état de conservation est particulièrement précaire. Dans le complexe économique, il est prévu de continuer le confortement et la protection des voûtes des magasins (secteurs STA et STI) et de poursuivre le travail de fixation des enduits antiques sur les murs conservés en élévation. À la périphérie nord du temple, il conviendra de mettre en place une valorisation de la voie processionnelle (APN), après les dernières vérifications archéologiques.

Pour plus d’informations, le site internet de la MAFTO : www.mafto.fr.