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CV

par Muriel LABONNELIE - publié le , mis à jour le

Email : muriel.labonnelie at u-bourgogne.fr

Muriel Labonnelie est enseignant-chercheur à l’Université de Bourgogne. Maître de conférences en langue et littérature latines, elle est actuellement accueillie en délégation au CNRS dans le cadre de ses recherches sur l’ophtalmologie gréco-romaine au sein du LAMS (UMR 8220 CNRS-UPMC).

Parcours professionnel

2010-2012 : Accueillie en délégation au CNRS (LAMS, UMR 8020 [UPMC] ; C2RMF, UMR 171 [Musée du Louvre])

2005-2012 : Maître de conférences en Langue et littérature latines (Université de Bourgogne)

2001-2005 : PRAG en latin (Université de Bourgogne)

2000-2001 : ATER en latin (Université de Bourgogne)

1999-2000  : ATER en langues anciennes (Université Jean-Monnet - Saint-Étienne)

1997-1999  : Chargée d’enseignement en histoire ancienne (Université de Bourgogne)

1993-1999  : Professeur de latin et de français dans le second degré (Collège de l’Ardière [Rhône], Collège J. d’Abbans [Haute-Marne], Lycée du Grésivaudan [Isère])

Formation professionnelle

2004 Doctorat (« Histoire et cultures de l’Antiquité », Université de Franche-Comté) ; sujet de thèse : « L’oculistique dans le monde romain. Textes et documents épigraphiques (Ier-Ve s. apr. J.-C.) » ; direction : J.-Y. Guillaumin (Université de Franche-Comté) ; jury : D. Gourevitch (EPHE), J.-Y. Guillaumin (Université de Franche-Comté) (Université de Franche-Comté), M.-H. Marganne (CEDOPAL), Ph. Mudry (Université de Lausanne) et G. Sabbah (Université Lumière - Lyon II)

1998 DEA (« Histoire des mondes anciens », Université de Bourgogne)

1996 Agrégation externe (Lettres Classiques, Université Lumière - Lyon II)

Publications

« Les cachets à collyres. Pour essayer de voir plus clair dans le premier livre des frères Goncourt », in J. JOUANNA, M. FARTZOFF et B. BAKHOUCHE (eds.), L’Homme et la Science [Actes du XVIe Congrès international et quinquennal de l’Association Guillaume Budé, organisé à l’Université Paul-Valéry, Montpellier III, du 1er au 4 septembre 2008], Paris, Belles Lettres, 2011, p. 345-358.

« Les utilisateurs de cachets à collyres étaient-ils des « médiateurs culturels » ? », in A. GANGLOFF (ed.), Médiateurs culturels et politiques dans l’Empire romain. Voyages, conflits, identités [Actes des journées d’études tenues à Paris par l’USR 710 (« L’Année épigraphique »), les 3 et 4 avril 2009], Paris, De Boccard (De l’archéologie à l’Histoire), 2011, p. 159-165.

«  Les trois cachets à collyres retrouvés à Berne (Bernisches Historisches Museum, inv. n°27848, 27849 et 27850) », in D. GOUREVITCH (ed.), Pour une archéologie de la médecine romaine, Paris, De Boccard (Collection Pathographie, 8), 2011, p. 132-135.

« Annexe IV. Séquence pédagogique consacrée aux cachets à collyres », in D. GOUREVITCH (ed.), Pour une archéologie de la médecine romaine, Paris, De Boccard (Collection Pathographie, 8), 2011, p. 221-223.

« L’évolution des hellénismes translittérés dans la langue médicale latine. L’exemple du terme ἐπιφορά », in D. LANGSLOW et BR. MAIRE (eds.), Body, Disease and Treatment in a Changing World. Latin texts and contexts in ancient and medieval medicine [Proceedings of the ninth International Conference “Ancient Latin medical Textes”, Hulme Hall, University of Manchester, 5th-8th September 2007], Lausanne, Éditions BHMS, 2010, p. 283-294.

« Les cachets à collyres, dits communément "cachets d’oculistes" », in M. PROVOST (ed.), Carte Archéologique de la Gaule. Reims. 51/2, Paris, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Ministère de l’Éducation Nationale, Ministère de la Recherche, Ministère de la Culture et de la Communication, Maison des Sciences de l’Homme, 2010, p. 117 (col. 2) - 119 (col. 1).

« Isis “Pupille de l’univers”. L’emprise de l’oculistique égyptienne sur l’oculistique gréco-romaine », in M. HOCHMANN et D. JACQUART (eds.), Lumière et vision dans les sciences et dans les arts. De l’Antiquité au XVIIe siècle [Actes du Colloque international qui s’est tenu à l’INHA (Paris, 9-11 juin 2005], Genève, Droz (École Pratique des Hautes Études, Sciences historiques et philologiques, V, Hautes études médiévales et modernes, 97), 2010, p. 45-64.

« Notice 216. Cachets à collyres », in G. D’ANDIRAN (ed.), La médecine ancienne. Du corps aux étoiles [Catalogue de l’exposition organisée à Genève, à la Fondation Bodmer, du 30 octobre 2010 au 30 janvier 2011], Genève, Fondation Martin Bodmer - Paris, PUF, 2010, p. 502.

« Du savoir au savoir-faire : l’oculistique, une “spécialité” médicale gallo-romaine », in FR. LE BLAY (ed.), Transmettre les savoirs dans le monde hellénistique et romain [Actes du colloque intitulé « Doctrinarum Disciplina. La transmission des savoirs dans le monde hellénistique et romain », Nantes, Université de Nantes, 22-24 mars 2007], Rennes, PUR (Collection « Histoire »), 2009, p. 133-153.

« Curiosités romaines des Goncourt. Le cachet à collyre et la poupée »,
en collaboration avec D. GOUREVITCH, Bulletin de la Société Française d’Histoire de la Médecine, XLIII / 2 (2009), p. 209-214.

« Cl. 42a-b. Notices de deux cachets à collyres », in I. BARDIÈS-FRONTY, M. BIMBENET-PRIVAT et PH. WALTER (eds.), Le Bain et le Miroir. Soins du corps et cosmétiques et de l’Antiquité à la Renaissance [Catalogue de l’exposition organisée par le musée de Cluny – musée national du Moyen Âge, le musée national de la Renaissance – château d’Écouen et la Réunion des musées nationaux, 20 mai 2009 – 21 septembre 2009], Paris, Gallimard, 2009, p. 121-122.

« Medica ocularia  ? », in V. BOUDON-MILLOT, V. DASEN et BR. MAIRE (eds.), Femmes en médecine [Actes de la Journée internationale d’étude organisée à l’Université René-Descartes-Paris V, le 17 mars 2006, en l’honneur de Danielle Gourevitch], Paris, BIUM (Collection Médic@), Paris Descartes - CNRS - Paris Sorbonne, De Boccard Édition-Diffusion, 2008, p. 157-170.

« La dépréciation des yeux clairs dans les traités de physiognomonie gréco-romains », in V. DASEN et J. WILGAUX (eds.), Langages et métaphores du corps dans le monde antique [Actes des Journées Doctorales intitulées « Langages et métaphores du corps », organisées à Fribourg et à Lausanne du 16 au 18 novembre 2005], Rennes, PUR (Collection « Histoire », Cahiers d’histoire du corps antique, 3), 2008, p. 197-206.

« Les noms d’affections palpébrales attestés dans le livre chirurgical du De medicina de Celse », in A. FERRACES RODRÍGUEZ (ed.), Tradición griega y textos médicos latinos en el período presalernitano [Actas del VIII Coloquio Internacional “Textos médicos latinos antiguos” (A Coruña, 2-4 Septiembre 2004)], A Coruña, Universidade da Coruña, 2007, p. 237-248.

« La préparation des collyres oculistiques dans le monde romain », in FR. COLLARD et É. SAMAMA (eds.), Pharmacopoles et apothicaires. Les « pharmaciens » de l’Antiquité au Grand Siècle [Actes des Rencontres d’histoire de la médecine, des pratiques et des représentations sociales dans les sociétés anciennes, Troyes, 20-21 janvier 2006], Paris, L’Harmattan, 2006, p. 41-58. (lien)

« Les thérapeutiques oculistiques romaines, entre survivances et métamorphoses. L’exemple de la thérapeutique du vert », in H. DUCHÊNE (ed.), Survivances et métamorphoses [Actes de la journée d’études organisée à Dijon le 26 mai 2004], Dijon, Équipe d’accueil 1865 – Mémoire, Discours, Images, 2006, p. 111-132.

« L’ambiguïté de la nosographie oculistique latine. L’exemple du terme unguis », in F. POLI et G. VOTTÉRO (eds.), De Cyrène à Catherine : trois mille ans de Libyennes. Études grecques et latines offertes à Catherine Dobias-Lalou, Nancy, ADRA, Paris, E. de Boccard (Études anciennes, 30), 2005, p. 429-439.

« Celsus and the Hippocratic Corpus : The Originality of a ‘Plagiarist’ », in , PH. J. VAN DER EIJK (ed.), Hippocrates in Context [Papers read at the XIth International Hippocrates Colloquium, University of Newcastle upon Tyne, 27-31 August 2002], Leiden - Boston, E. J. Brill (Studies in Ancient Medicine, 31), 2005, p. 403-411. (lien)

« De la lippitudo à la libido. De l’œil qui dégoutte à l’œil qui dégoûte », in S. SCONOCCHIA, F. CAVALLI, M. BALDIN et al. (eds.), Testi medici latini antichi. Le parole della medicina : Lessico e Storia [Atti del VII Convegno internazionale, Trieste, 11-13 ottobre 2001], Bologna, Pàtron (Lingue tecniche del Greco e del Latino, 4), 2004, p. 651-662.

« Œil de lynx pour œil de taupe. Les ingrédients d’origine animale dans la pharmacopée ophtalmologique impériale », in N. PALMIERI (ed.), Rationnel et irrationnel dans la médecine ancienne et médiévale. Aspects historiques, scientifiques et culturels [Actes du Colloque international sur les textes médicaux antiques et médiévaux, Saint-Étienne, 14-15 novembre 2002], Saint-Étienne, Université de Saint-Étienne (Mémoires du Centre Jean Palerne, 26), 2003, p. 231-250. (lien)

« In medicinis uenena. Celse et la défense de la médecine thérapeutique », in FR. GAIDE et FR. BIVILLE (eds.), Manus medica. Actions et gestes de l’officiant dans les textes médicaux latins. Questions de thérapeutique et de lexique [Actes du Colloque tenu à l’Université Lumière - Lyon II, les 18 et 19 septembre 2001], Aix-en-Provence, PUP (Textes et documents de la Méditerranée antique et médiévale), 2003, p. 103-116.

Résumé des activités de recherche

Les activités de recherche de Muriel Labonnelie visent à l’élaboration d’un nouvel inventaire et d’une étude synthétique des cachets à collyres.

Dans l’Antiquité gréco-romaine, le « collyre » se présente sous la forme d’un « petit pain ». D’après les textes médicaux antiques, les ingrédients qui entrent dans la composition des « collyres » sont finement broyés, cuits ou même réduits en cendres et mélangés à l’aide d’un liquide ; ils constituent ainsi une pâte qui sèche à l’air libre pour être utilisée au moment opportun, après une ultime préparation, pour soigner diverses maladies.

Plus de trois cent petites pierres actuellement recensées, communément appelées « cachets d’oculistes », auraient servi à estampiller les « collyres » lorsque la consistance des remèdes était encore pâteuse. Ces sceaux, de forme généralement parallélépipédique, auraient été utilisés de la seconde moitié du Ier siècle jusqu’au IVe siècle de notre ère. Sur leurs quatre petites faces, ils comportent des indications gravées en caractères rétrogrades plus ou moins bien dessinés, le plus souvent en latin et sous une forme abrégée. Ces inscriptions constituent des sortes de notices médicales. D’après les études menées jusqu’à présent, elles comportent un ou plusieurs renseignements interprétés de la façon suivante : un nom propre au génitif, un nom de remède, une indication thérapeutique et un mode d’administration. Quand les abréviations sont intelligibles, l’analyse comparative des noms de remèdes et des indications thérapeutiques montre que, dans le monde romain antique, ces pierres sigillaires servaient sans doute à estampiller exclusivement des remèdes censés soigner les affections oculaires.

L’inventaire des cachets à collyres en cours d’élaboration sera publié concomitamment sous deux formes complémentaires : sur un support papier et sur un site Internet. Alors que l’inventaire édité sur un support papier dressera un état des connaissances à une date précise, l’inventaire en ligne sera mis à jour en fonction des nouvelles découvertes et des nouvelles publications. L’essentiel des informations apportées par les cachets à collyres est donné par les inscriptions et les dessins gravés sur ces pierres sigillaires ainsi que par leur forme : les fiches de l’inventaire comporteront donc, selon le support, des représentations « en déplié » de toutes les faces des cachets ou des représentations 3D animées.

Les fiches de l’inventaire publié sur un support papier seront assorties d’une étude synthétique des cachets à collyres. Préparée par la tenue de journées d’étude régulières consacrées aux remèdes antiques (pour le programme de la première, voir lien), cette étude éditée dressera un état des lieux des connaissances apportées par le programme de recherche sur les cachets à collyres. La documentation archéologique, épigraphique, littéraire et papyrologique ainsi que des analyses physico-chimiques des cachets à collyres et des restes de collyres inscrits sont actuellement mises à contribution : des analyses portent sur l’étude du contexte archéologique dans lequel les pierres ont été découvertes, sur les critères qui ont justifié la sélection des matériaux dans lesquels elles ont été confectionnées, sur leurs formes, sur leurs caractères morphologiques et surtout sur le sens de leurs inscriptions et de leurs dessins. La synthèse de ces différentes études aboutira à la conception d’un système d’information géographique (SIG) qui apportera un nouvel éclairage sur la répartition des cachets à collyres.

Ce programme s’engage sur un terrain de recherches quasiment vierge puisque l’identité professionnelle même des utilisateurs de cachets à collyres n’est à ce jour pas encore établie. Mises en œuvre lors de l’élaboration de l’inventaire, les compétences des spécialistes des cachets à collyres, des instruments médicaux, des papyrus, des gemmes, des offrandes votives ainsi que des analyses physico-chimiques des pigments et des pierres antiques donneront un aperçu du rôle joué par la magie ou par la religion dans la construction du savoir médical romain. L’étude de la première commercialisation des remèdes sera ainsi à la croisée de l’histoire de la médecine, des manuscrits, de l’épigraphie, des mentalités, de l’art, du commerce et de l’imprimerie.

Exploitant les compétences d’archéologues, de philologues, d’épigraphistes, de papyrologues, de conservateurs de musées, de chimistes, d’un ingénieur d’études en informatique et d’un concepteur graphiste typographe, ce programme de recherche, fruit d’une approche aussi internationale que pluridisciplinaire, enrichira les domaines d’application à l’archéologie de la pétrographie, de la spectrographie et de la rugosimétrie ainsi que des techniques de représentation volumique, de restitution en images de synthèse et des systèmes d’information géographique.

Les deux ouvrages édités sur support papier serviront surtout à faire connaître les cachets à collyres au monde scientifique, mais l’inventaire mis en ligne sera aussi bien destiné aux conservateurs et aux chercheurs qu’au grand public puisqu’il comprendra une exposition virtuelle des pierres sigillaires. Ce catalogue animé contribuera ainsi à la fois à la préservation d’objets d’art fragiles et d’accès difficile et à la diffusion des connaissances.